Lemarque

Francis Lemarque

Au 51 rue de Lappe se trouve la maison natale de Francis Lemarque.

Francis Lemarque, de son vrai nom Nathan Korb, était un auteur-compositeur-interprète et poète français, né le 25 novembre 1917, et mort le 20 avril 2002 à La Varenne-Saint-Hilaire.

Au cours d’une carrière longue et discrète, couronnée par plusieurs Grand Prix du disque de l’académie Charles-Cros, il a écrit et composé près de 400 chansons, dont À Paris, devenue un standard international repris par des dizaines d’interprètes à travers le monde entier, et Quand un soldat, interprétée avec succès par Yves Montand, et dont les paroles engagées lui vaudront les foudres de la censure en 1953.

Le petit Nathan Korb naît dans un petit deux pièces au second étage du 51 de la rue de Lappe à Paris au-dessus du bal des Trois colonnes. Sa mère, Rosa Eidelman, est originaire de Lituanie, tandis que son père, Joseph Korb, tailleur pour dames, a été enrôlé de force dans l’armée du Tzar dont il désertera avant de rejoindre Paris. L’enfant grandit avec son frère Maurice et sa sœur cadette Rachel, dans le quartier de la Bastille, bercé par les bals musettes de la rue de Lappe. Avec son frère, il connaît une enfance délurée et joyeuse avant de quitter l’école dès l’âge de onze ans pour travailler en usine. Il gardera tout au long de sa vie un véritable amour pour ce quartier et il fêtera ses soixante-quinze ans au Balajo.

En 1933, son père meurt de la tuberculose. Fasciné par les bals musette depuis son enfance, Nathan et son frère Maurice intègrent après une rencontre en 1934 avec Sylvain Itkine1 en 1934 le groupe Mars que ce dernier a créé dans l’esprit du Groupe Octobre, affilié à la Fédération des Théâtres ouvriers de France. Il a alors dix-sept ans. Sur les conseils de Louis Aragon, les deux frères créent un duo, Les frères Marc. Vieux Marc, c’est Maurice et Jeune Marc, c’est Nathan qui profiteront des événements du Front populaire pour se produire dans les usines et se faire connaître. Ils rencontrent Jacques Prévert et Joseph Kosma, qui est un temps leur pianiste. Léo Noël chante en duo avec Nathan dans les années 1938-1939 pour remplacer Maurice, appelé sous les drapeaux2. Ce duo se retrouvera ainsi en tournée avec Pierre Dac, Paul Meurisse, Joseph Kosma…

En 1940, il est mobilisé et affecté comme « lieutenant-guitariste » aux activités musico-théâtrales de l’armée. En 1940, il passe en zone libre et s’installe à Marseille. C’est là qu’il rencontre Jacques Canetti, qui deviendra par la suite son agent artistique. Il fait quelques tournées en Afrique du Nord dont une semaine de récitals avec le guitariste manouche Django Reinhardt. Sa mère déportée en 1943 meurt assassinée à Auschwitz. Fidèle à son idéal communiste, il rejoint le maquis puis s’engage dans le régiment du douzième Dragon.

Après la guerre, Lemarque chante dans des cabarets de Saint-Germain-des-Prés. L’année 1946 sera décisive, deux événements marquent sa vie : il rencontre Ginny Richès qui deviendra son épouse, et il voit pour la première fois Yves Montand sur une scène parisienne. Son style unique bouleverse le jeune Francis qui se met à écrire en pensant à lui. Il fait sa connaissance par l’intermédiaire de Jacques Prévert. Montand, séduit par ses compositions, choisit immédiatement des titres : A Paris, Je vais à pied, Ma douce vallée, Bal petit bal… Leur collaboration durera de longues années pendant lesquelles Francis Lemarque écrira pour lui près de trente chansons. Il compose la musique du film Playtime de Jacques Tati, sorti en 1967.

Il écrira de nombreuses chansons avec des coauteurs dont Michel Legrand et Georges Coulonges avec qui il a écrit Paris Populi3, un spectacle musical qui célèbre la capitale et son histoire de 1789 à 1944, mettant en scène les combats de Paris pour la liberté. Parmi ses plus grands succès, on relève Marjolaine (1957) dont les mélancoliques paroles sont écrites sur un vieil air du folklore allemand, Der treue Husar, popularisé cette même année par l’épilogue du film de Stanley Kubrick Les Sentiers de la gloire où il est chanté par Susanne Christian4.

Francis Lemarque ne se lasse pas d’écrire et de chanter avec un dynamisme exceptionnel. Sa dernière représentation a eu lieu à Viarmes, dans le Val-d’Oise, le 27 janvier 2001 à l’âge de quatre-vingt-trois ans.

Avec Charles Trenet et Henri Salvador, Francis Lemarque a vécu l’une des plus longues et des plus riches carrières de la chanson et nombre de ses titres appartiennent à la mémoire collective de la culture française. Lemarque a été censuré en 1953 pour sa chanson Quand un soldat publiée aux éditions Métropolitaine.

Le thème de Paris et son éternel accordéon revient souvent dans les chansons de Lemarque par des descriptions des quartiers populaires, non sans rappeler Aristide Bruant. Sa carrière sera celle d’un auteur et d’un chanteur profondément attaché au Paris populaire et à la chanson française.

Les oeuvres de Francis Lemarque

1949 : À Paris
1949 : Le tueur affamé
1949 : Cornet de frites
1949 : Bal, petit bal
1950 : Le cocher du fiacre
1950 : John Black
1950 : Bal musette
1950 : J’ai mis mes cliques
1951 : Bois de Boulogne (Patins à roulettes)
1951 : D’amour et d’eau fraîche
1951 : Clown
1951 : Figaro
1951 : Le Petit Cordonnier
1953 : Toi, tu n’ressembles à personne
1953 : Quand un soldat
1955 : La grenouille
1955 : Un air de cristal
1955 : Mon copain d’Pékin
1955 : Julot poil-dans-la-main
1956 : Seul un homme peut faire ça
1956 : Bientôt le soleil
1956 : Matilda
1956 : Les routiers
1956 : Le chemin des oliviers
1958 : Marjolaine
1958 : L’air de Paris
1958 : L’Assassin du dimanche
1958 : Les Fleurs et l’amour
1959 : Le Temps du muguet
1960 : Une rose rouge
1960 : Le monde est grand
1962 : Miséricorde
1962 : La guerre des boutons
1962 : Écoutez la ballade
1962 : Vieux Salomon
1962 : Ma romance
1962 : Terrain vague
1963 : C’est loin
1963 : C’est la faute à l’accordéon
1963 : C’était un homme libre
1963 : Allez donc
1964 : La faim de vivre
1964 : Le dernier printemps
1965 : La rose et la guerre
1965 : Rocambole
1965 : Au son de l’accordéon
1965 : Le bar du dernier verre
1965 : Le cœur de cerise
1965 : Un jour on s’en va
1968 : L’opéra des jours heureux
1968 : Tu tutoies les muses
1968 : La terre, le ciel et l’eau
1968 : À Paris autrefois

Musiques de film

Les Vieux de la vieille (1960)
Le Cave se rebiffe (1961)
Le Gentleman d’Epsom (1962) – avec Michel Legrand
La Guerre des boutons (1962) – avec José Berghmans
Maigret voit rouge (1963)
Playtime (1967)
L’Homme à la Buick (1968) – avec Michel Legrand
Vague à l’âme (1992)

 



Il n'y a aucun commentaire

Ajoutez le vôtre