MicroLearning

LA RÉPUBLIQUE EN MARCHE LANCE SON CAMPUS « MICRO-LEARNING

Microlearner pour mieux avancer, la promesse du campus d’En Marche

L’agent public, ce n’est pas que de la comptabilité… C’est ce qu’essaye de prouver, au fil de ses micro-leçons, le premier MOOC du campus d’En Marche. Micro-learning, maxi-bénéfice ? retour d’expérience.

Ce qui nous ramène aux ateliers d’un comité local En Marche, c’est le plaisir d’apprendre en échangeant avec d’autres marcheurs experts dans leur domaine, façon atelier détox : on change de point de vue, on affine ses analyses en découvrant les concepts, les outils et les expériences des autres, tout en mettant à distance les a priori liés à notre milieu professionnel.

Que peut ajouter à cette expérience très sociale le Campus d’En marche, dont le lancement vient d’être annoncé ? Des cours ? Des « how to » ? A quoi bon d’ailleurs proposer encore du contenu didactique quand on voit l’abondance des ressources de vulgarisation, bandes dessinées didactiques (Economix), sketchnote, youtubers…

Ces questions, le « QG » a dû se les poser, car ce sont en fait 2 types de ressources qui sont proposées : les contenus indépendants, identifiés et répertoriés par des « marcheurs » pour leur pertinence et leur qualité, et on l’on trouve beaucoup de thématiques pratiques notamment liées à l’action associative (rédiger des statuts, trouver des financements, gérer sa comptabilité…). Viennent ensuite les contenus propres à En Marche, appelés « micro-learning », sans doute parce qu’ils agrègent des capsules didactiques qu’on peut s’inoculer quotidiennement sans risquer l’overdose.

Le premier MOOC lancé est consacré à l’argent public – sujet austère, même si les phénomènes par lesquels il s’incarne, dépense publique, impôts, allocations, sont les ingrédients de débats aussi explosifs que mal informés. C’est l’occasion de savoir (vraiment) de quoi on parle.

Des modalités d’accès souples

Le micro-learning, c’est un peu un MOOC, moins animé mais plus malin. Comme dans un MOOC, on peut recevoir à dates choisies les contenus des leçons, et avancer plus vite à son rythme au fil des chapitres. Mieux qu’un MOOC, le dispositif permet de faire évoluer les contenus proposés en signalant, pour chaque notion présentée, si « on le savait déjà », si « ça ne nous intéresse pas », ou au contraire de demander à ce qu’elle soit « mise de côté » comme une antisèches pour la suite. Un dispositif sympa par son côté Tinder en 3 boutons, mais qui qui répond aussi à une des principales faiblesses des MOOC : le décalage entre les connaissances préexistantes des « étudiants », évidemment variables, et le niveau de précision des contenus proposés.

Et pour fixer les choses, reste en permanence à disposition une carte des connaissances aussi pratique que laide (c’est confirmé il n’y a pas de graphiste au QG) qui permet de butiner des compléments au besoin, sans passer par la case wikipédia, beaucoup moins riche en ces matières que sur le synopsis de Game of Thrones.

Tinder, un peu, manuel scolaire, beaucoup : on ne peut pas nier un penchant des concepteurs pour la posture académique, visible dans les mises en perspective historiques qui ornent les débuts de section) ; académique aussi, le primat du texte, juste agrémenté d’un dessin ou d’un schéma à main levée pour alléger un peu le tout. Jusque dans les choix graphiques, l’esprit est assez proche des ouvrages documentaires pour la jeunesse, la précision du propos en plus, évidemment.

Et pour stimuler les élèves, rien de tel qu’un peu de gamification : chaque fin de leçon est sanctionnée par un quiz assez bien conçu, mêlant des questions de cours type définitions, et d’autres qui supposent d’avoir assimilé les notions clefs. Le plus : si on a raté des questions, on peut reprendre le quizz… et les questions ne seront jamais les mêmes. Retenter sa chance permet donc d’améliorer sa maîtrise du sujet.

Combien de temps pour tout ça ? Compter trente minutes pour une leçon complète avec le quizz final, pour ceux qui maîtrisent déjà les bases, le double pour les vrais débutants… à supposer qu’ils se lancent dans l’aventure, car au final cela ne semble pas être la fonction réelle de ce MOOC.

Sans doute indigeste et austère pour qui n’aurait aucune notion d’économie, ce MOOC est particulièrement pertinent pour tous ceux qui ressentent le besoin d’ancrer des connaissances un peu vagues ou anciennes. Pour ne plus confondre déficit budgétaire et déficit public, ne plus se dire qu’il faudrait checker une fois pour toutes ce qu’est le modèle beveridgien…, et surtout pour mieux articuler les concepts économiques et les rouages de l’action publique. Parce que si tout cela nous intéresse, au fond, c’est bien parce que le « budget de l’Etat », ce n’est pas de la comptabilité, mais l’expression des choix que nous faisons collectivement par le vote, et la condition des équilibres sociaux qui sont au cœur de nos préoccupations.



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