Precarite en France

LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ

La lutte contre la pauvreté ne consiste pas seulement à permettre aux personnes fragiles de subsister.

Tel était le message d’Emmanuel Macron pendant la campagne. Selon son programme, cette lutte vise à permettre aux personnes en situation de précarité de s’insérer dans la société, de s’émanciper, de devenir autonomes. C’est donc principalement un combat pour l’accès à l’autonomie, qui suppose par exemple de disposer d’un logement et d’un emploi. Mais pour cela, les plus fragiles ont besoin d’être accompagnés et soutenus. Emmanuel Macron a annoncé, pour ces personnes, l’accès à une large gamme de prestations, de services et d’accompagnement qui leur permettront de devenir acteurs de leur vie.

Nadia Sebiane - Coach d'équipe

Nadia Sebiane – Coach d’équipe

Aujourd’hui, quelle est la feuille de route du gouvernement et de l’Elysée ? La grande consultation a été lancée sur le sujet s’achève le 28 février. C’est dans ce contexte que les « Mercredis de la Bastille » organisait, le 21 février 2018, un atelier-réflexion sur la précarité.

Une réunion articulée autour d’une présentation générale de Rayan Nazzar, d’un quiz, et d’un atelier d’intelligence collective animé par Nadia Sebiane. Résumé…

 

Quelques chiffres…

Quelques chiffres d’abord :

1 sur 5

C’est le nombre d’enfants qui vivent, en France, en situation de pauvreté*. Ce taux de pauvreté des jeunes a fortement augmenté ces dernières années : 1 enfant sur 5 vit en situation de pauvreté. Il représente 3 millions d’enfants

* le seuil de pauvreté est calculé à 60 % du revenu médian des Français

1 sur 3

34,9 % des familles monoparentales sont en situation de pauvreté, soit deux millions de personnes, contre 11,8 % des personnes vivant en couple selon les données 2015 de l’Insee.

338 000

338 000 jeunes de plus de 25 ans retournent chez leurs parents faute de logement autonome. Le nombre de jeunes revenus chez leurs parents faute de logement autonome a augmenté de 20 % entre 2002 et 2013.

5%

En 2013, seuls 5 % des enfants de moins de 3 ans appartenant aux 20% des ménages aux revenus les plus modestes fréquentaient des structures de garde collective, contre 22 % des enfants de moins de trois ans vivant dans les 20 % de ménages aux revenus les plus élevés. On a 4 moins de chances de placer ses enfants dans une crèche si on a des revenus modestes.

4,8 millions

En France, 4,8 millions de personnes ont recours aux dispositifs d’aide alimentaire. 34 % des bénéficiaires de ces dispositifs ont moins de 15 ans.

3,8 millions

C’est le nombre de personnes très mal logées ou non logés : sans domicile, hébergés chez des tiers, en trop grand nombre dans un petit espace, ou privés de confort. 12 millions de personnes sont fragilisées par rapport au logement (impayés de loyer, effort financier excessifs, précarité énergétique…).

 

La pauvreté, qu’est-ce que c’est ?

Le seuil de pauvreté est mesuré à 60% du revenu médian,. Le taux  de pauvreté en France est de 14%.

Concrètement, la pauvreté est définie comme l’impossibilité d’accéder à des  biens et services essentiels, comme l’alimentation, les vêtements, le logement.

On devient pauvre de deux façons :

  • Par « hérédité sociale » : la pauvreté se transmet, on naît pauvre.
  • Par accident

La lutte contre la pauvreté revient à lutter contre les insécurités sociales. Une pauvreté qui a changé au fil des années. Aujourd’hui, la pauvreté n’est pas que monétaire. Elle concerne la santé (l’accès aux soins), l’alimentation (caractérisé par la consommation systématique de produits très transformés plutôt que de produits frais), énergétique (le fait de vivre dans des « passoires énergétiques).

Les personnes les plus touchées sont les familles monoparentales, les jeunes, les migrants, les réfugiés.

 

Comment lutter ?

Nos politiques publiques ne sont pas adaptées à la lutte contre la pauvreté. Elles s’appuient majoritairement sur la délivrance d’allocation. Or 1 personne sur 3 éligible au RSA n’en fait pas la demande ! Cela représente un montant plus élevé que celui de la fraude sociale que certains dénoncent avec tant de vigueur !

La première base de lutte contre la pauvreté est l’école, qui n’est pas actuellement un vecteur d’égalité des chances.

Le retour rapide à l’emploi est clé dans la lutte contre la pauvreté. Plus on tarde à retrouver un emploi, moins en a de chances d’en trouver un. Les chances d’emploi s’éloignent avec le temps.

Ensuite, une action doit être entreprise à l’égard de l’emploi des femmes, qui sont très souvent en emploi à temps partiel. La lutte contre la pauvreté est une question de modèle social.

Quel modèle social souhaitons-nous ?

L’économiste indien Amartya Sen affirme « Le devoir d’une société est de protéger ses citoyens ». Concrètement, cela signifie assurer l’égalité des chances et permettre à chacun de réaliser ses choix.

 

Les pistes de travail

Plusieurs pistes d’améliorations sont envisagées :

• Investir dans la formation : 15 Mds d’€ vont être investis dans la formation des demandeurs d’emploi de longue durée.

• L’investissement dans l’école, notamment par le dédoublement des classes en REP et REP+. et par une nouvelle gestion de l’accès à la cantine scolaire, à laquelle les enfants les plus défavorisés n’ont pas accès, et qui est pourtant un facteur de mixité et d’intégration sociale.

• Le logement. Depuis 2015, on compte 15 000 personnes de plus vivant dans la rue.

• Un travail d’harmonisation à l’échelle de l’Europe. 9 pays européens ont un salaire minium inférieur à 500 euros/mois. Une convergence des régimes sociaux est aujourd’hui une nécessité.

 

Retrouvez ici l’intervention de Ryan Nazzar :

 

Les ateliers

3 ateliers ont été constitués. Un résumé des reflexions :

Atelier 1 : Renforcer la lutte contre l’exclusion

Prise en charge des familles et enfants sans abri : identification des familles, orientation vers un centre d’urgence puis prise en charge.

Les centres hébergement ne sont pas faits pour les familles. Les solutions possibles sont les pensions de famille – 10000 supplémentaires sont prévues – avec un travailleur social qui vient les accompagner.

Développer l’hebergement citoyen : solidarité + financement pour partie de l’Etat

Le DALO est un échec, faute d’existence de logements.

Améliorer l’accès aux soins des personnes sans logement (focus santé mentale) : accompagnement, faciliter l’accès à l’AME et CMU, augmenter les maraudes médicales, les places en hôpital, notamment pour les personnes atteintes de troubles mentaux)
Résoudre le problème des sans abris qui ne possèdent pas de domicile officiel, et leur donner la possibilite de stocker leurs données administratives sur un cloud, afin notamment, de leur permettre de toucher leurs allocations, d’effectuer leurs démarches administratives. Référents dans les mairies sur ces questions (ça existe dans les CCAS)

Atelier 2 : Comment éradiquer la pauvreté des enfants?

Associer les associations à l’enseignement (activites de lecture, invitation aux spectacles…),  sur la base du partenariat  ecole/societe civile
Ré-ouvrir les associations culturelles / Accès aux médiathèques

Renforcer l’accueil des enfants dans les structures
Systématiser l’accueil des enfants dans les structures collectives 3 actions de soutien à la parentalité : rendre gratuit les repas à la cantine pour les enfants issus de milieux défavorisés / collation de 10h / éducation alimentaire à travers des ateliers

Atelier 3 : Prévenir la vulnérabilité, favoriser l’insertion des jeunes

Décrochage scolaire : qu’est-ce-que décrocher ? par rapport à quoi ? par rapport à ses envies ?
La précarité renforce les risques de décrochage (difficulté à se projeter, encadrement, logement…) : il faut pouvoir identifier les signes avant-coureurs, identifier les trajectoires à travers les régions, former, réunions avec les parents (contenu pour les parents type MOOC pour identifier les signes du décrochage) / bilan de compétences – coach scolaire / tutorat filière d’excellence- élèves de lycée (existe déjà ENS – lycée)/ type Nos Quartiers ont du Talent/ tutorat retraités-élèves

Communiquer sur les différentes filières qui existent (revaloriser les filières tecnologiques) / formation sur les nouveaux métiers / revalorisation de certaines filières

Améliorer l’accès à un revenu des jeunes en grande précarité : bourses, accès à l’emprunt, revenu d’activités
Une question : est-il souhaitable qu’un enfant travaille en parallèle ? bourses (+de bourses, + de communication )

Elargir l’accès au prêt étudiant (cf. René Silvestre) ; descendre à 18 ans le seuil d’accès au RSA (pb du RSA : assez stigmatisant)



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